Interview : Ruben Bacha || 31 Dec 2020

Ruben Bacha, Directeur de Ruben Racing Ltd

Interview Ruben Bacha, Directeur de Ruben Racing Ltd

1. Bonjour Ruben ! De votre petit espace à Port Louis à votre nouveau showroom de Roche-Bois, Ruben Racing a bien grandi. Quelles ont été les étapes importantes de votre histoire ?

L’aventure Ruben Racing a commencé en Décembre 2006 avec à peine 20 m2 sur la mezzanine d’Espace Maison, à Trianon. A cette époque, nous étions principalement focalisés sur la vente d’accessoires auto et moto ayant été les premiers à introduire officiellement des marques telles que BBS, OZ, Bilstein, Arrow, Yoshimura, PIAA, AGV ou Pirelli Moto sur le sol Mauricien.

Puis fin 2007, nous sommes devenus le représentant officiel de Kawasaki à l'île Maurice.
Avec cette étape importante, notre local d'Espace Maison est devenu trop petit.
Début 2009 nous déménageons pour un nouveau showroom, à la rue Brabant, Port Louis pour être au plus prêt de notre clientèle, cette rue regroupant la majorité des concessionnaires motos.
De 2009 à 2019, la compagnie n’a cessé de se développer avec l'arrivée de nouvelles marques.
En 2017, nous devenons importateur de la marque automobile coréenne SsangYong, spécialisée dans les segments des SUV et des pick-up. Le local de la rue Brabant devient à son tour trop serré et nous entamons la construction de notre propre showroom auto/moto à Roche-Bois.

Nous y avons aujourd'hui un espace moderne de plus de 300 m² dédié à nos marques et avons également conservé notre espace de la rue Brabant

2. Vous avez relancé la marque coréenne SsangYong depuis environ un an. Quel bilan faites vous de cette année pour le moins difficile ?

Cette année est vraiment exceptionnelle avec la crise sanitaire du Covid-19. Nous voulions profiter de l'arrivée du nouveau pick-up Musso pour relancer la marque en début d'année avec une grande campagne de communication.
L'arrivée de l'épidémie et le confinement au mois de mars sont tombés au mauvais moment. Pourtant, nous avons quand même réussi à réaliser quelques ventes par la suite, ce qui était encourageant. Cela dit, nous avons réalisé qu’il y a un gros travail de communication à faire sur SsangYong, car beaucoup de Mauriciens la prennent pour une marque chinoise alors qu'elle est coréenne au même titre que Kia ou Hyundai.

Le public est souvent surpris d’apprendre que sur les marchés occidentaux, tels que la Grande-Bretagne, l’Espagne ou l’Italie, SsangYong a une position reconnue vis à vis de la concurrence européenne ou japonaise.
Le pick-up SsangYong Musso a d'ailleurs gagné le titre de “Best Value 2020” devant des marques japonaises et américaines dans le classement reconnu du “Best 4x4 of the Year” en Grande-Bretagne.

3. Encore florissant il y a une dizaine d'années, le marché de la grosse moto a subit de plein fouet le changement de taxation. Où en est-il aujourd'hui ?

Il est malheureux de constater aujourd’hui que la grosse moto est une espèce en voie de disparition. Si le souhait de la taxation à 100% était de faire disparaitre les grosses motos, ça a parfaitement fonctionné ! Par contre, contrairement aux objectifs annoncés de cette réforme, le nombre d’accidents fatal pour les deux roues n'a jamais baissé.

Cette réforme est un fiasco total. Elle n'a pas tenu ses engagements et ce sont seulement les passionnées mauriciens qui en ont fait les frais.
Du coup, quelques-uns d'entre eux ont pu faire évoluer leur passion vers d’autres types de véhicules tels que le kart, la voiture ou le pick-up. Les motards les plus irréductibles se sont tournés vers les cylindrées inférieures ou sont passés de l'asphalte à la terre. Mais une grande majorité à malheureusement dû faire une croix sur le sport mécanique.

Interview Ruben Bacha, Directeur de Ruben Racing Ltd

4. Du coup, les motos de moyennes cylindrées ont le vent en poupe. Parlez-nous de votre gamme.

En effet, à cause de la taxation trop forte sur les grosses motos, certains passionnés se sont orientés vers les catégories inférieures et, du coup, l’engouement pour les cylindrées de 250cc à 500cc a explosé. En termes de moto de route, nous disposons chez Kawasaki de 5 modèles en 250cc : la Ninja 250SL, la Ninja 250 ABS, la ZX-25R, la Z250SL et la Z250 ABS, un modèle 300cc avec la Versys 300 et un modèle de 400cc : la Ninja 400 ABS. Chez Ducati, nous proposons aussi la Scrambler Sixty2 avec un moteur de 400cc.

5. On a vu se développer l'engouement pour la motocross et l'enduro ces dernières années. Comment avez-vous répondu à cette nouvelle demande ?

Il y a depuis 4 ans un nombre grandissant de passionnés moto qui se reconvertissent dans la moto off-road. Nous avions senti la demande pour les motos off-road déjà en 2016 et avions commencé à importer des motocross telles que les Kawasaki KX250F et KX450F.
Très radicales, ces motos manquaient de polyvalence pour une partie de la clientèle qui cherchait plutôt des motos “loisir” type Enduro. Nous avons donc étoffé notre catalogue en introduisant deux marques italiennes références dans le monde de l'Enduro : Beta, Championne du Monde d’Enduro en 2020 et TM Racing, vice-Championne du Monde d’Enduro en 2020 Ces deux nouvelles marques nous permettent d'offrir un grand choix de motos off-road de la motocross pure et dure à l'enduro plus polyvalent.

Avec cet essor, il est important de structurer le sport moto off-road, afin qu’il ne disparaisse pas du jour au lendemain comme le quad il y a environ 8 ans de cela. Il faut que la moto off-road soit bien encadrée avec des sites de roulage légaux, la disponibilité des premiers soins en cas de chute et également que ce sport ne soit pas réservé à une catégorie de personne seulement.
Afin de remédier à ceci, nous sommes en négociation avec un des plus gros centres de loisir de l’île pour créer des évènements de roulage dans un cadre sécurisé, que vous possédiez une moto off-road ou que vous souhaitiez en louer une.

6. En tant que passionné de vitesse et de sports mécaniques, que pensez-vous de l'absence de circuit à Maurice ?

Etant détenteur d’une licence pilote FIA, j’ai eu la chance de pouvoir rouler en courses automobiles au niveau national en Angleterre. J'ai également pu participer à des courses motos, au niveau national à Dubai avec une licence pilote FIM. Effectivement on peut dire que je suis un passionné de vitesse et de sports mécaniques !

Il est très regrettable qu’à ce jour, il n’y ait toujours pas de circuit à Maurice, ceci-dit, je pense qu’il faut apprendre à marcher avant de vouloir courir et je pense qu’un « vrai » circuit de kart, c’est à dire au moins 8 mètres de large et une longueur minimum de 900 mètres, pourrait être un pas dans le bon sens. Il permettrait aux Mauriciens d'expérimenter le vrai sport mécanique de manière structurée tout en donnant une bonne indication des capacités du marché mauricien à permettre à un tel circuit de devenir rentable.

Si le circuit de kart est un succès, je suis certain qu’un petit circuit automobile pourra voir le jour. Par petit j'entend un circuit de 2 kilomètres de long par 8 à 10 mètres de large, assez grand pour organiser des courses motos et auto mais sans couter une fortune et aussi d'un point de vue de sécurité avec des lignes droites pas trop longues, ce qui limitera automatiquement les vitesses de pointe.

Je pense que si un circuit voit le jour, ce sera un projet du secteur privé. Penser que l’état va construire un circuit pour les passionnés de sports mécaniques, c’est comme continuer de croire au Père Noel.
Cependant l’Etat pourrait devenir un des plus gros clients du circuit avec des journées de formations et des journées “permis”.

7. Pour finir, nous demandons toujours quelle serait la voiture de vos rêves ?

La voiture de mes rêves, serait une McLaren F1 GTR Longtail, idéalement dans les coloris GULF. Avec son volant central, elle pourrait même rouler à Maurice.

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