Renault Megane RS Review || 08 Oct 2019

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

La reine des “hothatch”

Disponible depuis peu à Maurice, la dernière génération de Megane RS a été mise à notre disposition lors d’un évènement spécial organisé par Renault et Leal & Co. Ltd en la présence d’un duo bien connu du monde du rallye : David Koenig et Julien Audibert.

PRESENTATION

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

Depuis son lancement en 2004, la Renault Megane RS s’est imposée comme la référence des compactes sportives. Elle ouvrait d’ailleurs une nouvelle voie. Jusque-là, les constructeurs, VW et Peugeot en tête, ne juraient que par leur gamme GTI. Mais avec l’arrivée de la Megane RS, Renault a poussé le curseur de la sportivité au niveau maximum. Il n’était plus question de petites sportives sympas, mais carrément d’une bête de piste développée uniquement pour l’efficacité et la performance et accessoirement capable de vous emmener faire les courses. Il n’en fallait pas plus pour que la Megane RS devienne la chasseuse de chrono qui ne cesse de battre les records de sa catégorie à chaque nouvelle version. Nombreuses sont celles qui tentent de lui disputer son titre, mais à chaque fois qu’une concurrente parvient à se hisser à son niveau, voire à la dépasser, Renault dégaine une nouvelle version encore plus performante et reprend son bien.

Les deux générations précédentes de la Megane RS basées sur la Megane II et la Megane III ont ainsi profité de nombreuses déclinaisons, Cup, F1 Team R26, F1 Team R26R, Trophy, Trophy R, toutes plus radicales les unes que les autres.

Déclinée de la Megane IV, la troisième génération de Megane RS marque une rupture avec les deux précédentes. Dans le style évidemment, mais surtout en ce qui concerne la technique, mais nous y reviendrons.

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

Pour le style, la nouvelle Megane RS adapte la ligne de la Megane IV en lui injectant une bonne dose d’hormones. Le shoot de testostérone lui a fait gonfler les ailes, réduire la garde au sol, élargir les bas de caisse et adopter des boucliers avec aileron (lame) à l’avant et extracteur à l’arrière. L’ensemble est terriblement agressif, sans toutefois tomber dans l’exagération. D’ailleurs, si on lui retire sa teinte jaune pour une couleur plus sobre, elle retrouvera même une certaine discrétion. Pour les points communs, on retrouve la fameuse sortie d’échappement centrale et les jolis étriers de freins Brembo qui sont caractéristiques de la Megane RS depuis sa création.

Contrairement aux deux précédentes RS, cette troisième génération n’existera qu’en version 5 portes. Exit la version coupé donc ! Tant pis pour le style, tant mieux pour les aspects pratiques. Et il faut dire que nous avons été particulièrement surpris par l’accueil que la RS III réserve à ses passagers.

Certes la RS est basse, mais les larges portes offrent un accès aisé à bord. Une fois installé dans les magnifiques baquets Recaro (en option) le maintien est parfait, sans jamais donner l’impression d’être à l’étroit. Aucun renfort ni montant ne vient gêner les jambes ou les côtes et l’ensemble s’apparente plus à un cocon qu’à un vrai baquet de course spartiate et dur. Réglables en hauteur pour le conducteur comme pour le passager, ils permettent d’obtenir une position de conduite idéale.

Le conducteur prend place derrière un joli volant cuir/alcantara trois branches qui arbore fièrement le sigle RS. Pour le reste, la planche de bord est similaire à celle de la Megane “normale”. On retrouve donc l’original écran tactile en position verticale et l’instrumentation digitale avec son gros bloc rond central. Cette dernière change d’affichage en fonction du mode de conduite sélectionné.

A l’arrière, le confort est vraiment surprenant. La longueur aux jambes ne fait pas défaut, ni même la garde au toit. Et la banquette est si bien dessinée que les passagers sont maintenus et pourront profiter d’une conduite sportive sans se sentir secoués. Détail insolite et sympathique pour une sportive, les passagers arrière profitent même d’un accoudoir central avec porte-gobelet... L’espace est donc plutôt généreux, sans doute grâce au 7 cm de longueur en plus et aux 3 cm d’empattement en plus par rapport à la génération précédente.

INTERIEUR

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

Enfin, avec 384 litres, le coffre dispose d’un volume tout à fait satisfaisant, capable de prendre les sacs de 4 personnes sans soucis. Premier constat : la Megane RS offre tout le nécessaire d’une voiture familiale pour tous les jours.

Comme nous le disions, une rupture a été faite avec les deux premières générations. Une rupture surtout technique au regard des spécifications de cette nouvelle RS. En effet, époque oblige, cette troisième génération se plie au diktat de l’électronique. Si par le passé la Megane RS était réputée pour sa philosophie sans concession et sa conception à “l’ancienne”, la nouvelle RS se tourne vers l’avenir et les nouvelles solutions technologiques qui vont avec. Elle propose donc pour la première fois une boîte automatique : la EDC double embrayage à 6 rapports. La gestion électronique “intelligente” de cette boîte lui permet de s’adapter en permanence à la conduite pour optimiser son rendement et son caractère. Dans la réalité, sur la RS, elle semble s’adapter parfaitement à la conduite sportive, poussant même le détail jusqu’à donner des coups de gaz au rétrogradage à la façon d’un talon/pointe. En conduite “relax”, elle prend un peu plus de temps à s’adapter mais, une fois le style de conduite intégré, elle sait se faire oublier par sa douceur. En fonction du mode sélectionné, elle sera tantôt énergique, tantôt paisible. Enfin, le mode manuel permet d’utiliser les palettes derrière le volant qui auraient toutefois gagné à être plus longues ou bien solidaires du volant.

EQUIPEMENT

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

La seconde nouveauté se cache sous le capot. Le 2.0 F4RT turbo a fait son temps et a largement contribué à la légende de la RS. Mais après plus de 15 ans d’évolutions, il était temps de laisser la place à une mécanique plus moderne et surtout moins polluante pour s’adapter aux normes de plus en plus sévères. La nouvelle Megane RS accueille donc un tout nouveau bloc 4 cylindres de 1798 cc turbo, nom de code 1.8 TCe M5P. Malgré la perte de 200 cc, il parvient à gagner 5 chevaux et surtout 30 Nm par rapport à la version la plus poussée du 2.0 litres, développant donc 280 chevaux pour 390 Nm de couple. Les performances évoluent peu avec un 0 à 100 km/h en 5,8 secondes et une vitesse de pointe de 250 km/h mais il ne faut pas oublier que la nouvelle Megane a quasiment pris une centaine de kilos par rapport à la toute première version de 2004. Des kilos supplémentaires imposés par les nouvelles normes de sécurité, par un équipement bien plus complet et principalement par la dernière nouveauté : des suspensions pilotées et surtout l’adoption de 4 roues directrices, une première à ce niveau de gamme.

MOTEUR & ESSAI ROUTIER

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

Et c’est bien là que la vraie évolution se situe. Si vous trouviez l’ancienne RS efficace, celle-ci va vous montrer à quel point le progrès a du bon. Certes le côté radical et mal élevé de l’ancienne disparait, mais l’efficacité et la sécurité font un bon en avant. On découvre une auto plus confortable, plus prévisible, plus facile aussi et plus adaptée que jamais à un usage quotidien. Les suspensions réalisent en effet un travail de grande qualité associant une tenue de route imperturbable à une douceur prévenante dont étaient dépourvues les anciennes RS, et ce quel que soit le mode de conduite choisi. Même en mode Race, les suspensions deviennent très fermes mais jamais dures. La conséquence de cette qualité, est un retour d’informations très précis et un comportement hautement prévisible. C’est bien simple, les suspensions ne sont jamais dépassées par la situation. Dans la même veine, la direction se durcit et gagne en ressenti en fonction du mode sélectionné. Sa réactivité est bluffante et sa précision chirurgicale.

Ce châssis est si précis que les excès d’optimisme se traduisent toujours par une réaction mesurée et progressive. A tel point qu’on va s’amuser à aller chercher la limite pour déclencher des petites glissades toujours grisantes pour le pilote mais sans jamais la moindre sueur froide. Attention toutefois à ne pas faire n’importe quoi. La RS est une vraie sportive et les vitesses de passage en courbe impliquent humilité et responsabilité.

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

Les 4 roues directrices sont la cerise sur le gâteau. La pièce qui manquait pour parfaire le tableau. En effet, le principal défaut de la RS d’un point de vue plaisir de conduite était sa transmission aux roues avant induisant un caractère fortement sous-vireur et une motricité parfois débordée par le couple. Les ingénieurs de Renault Sport avaient déjà bien atténué ce phénomène avec le nouveau train avant à pivot indépendant et le différentiel à glissement limité. L’adoption de roues arrière directrices a presque totalement fait disparaitre ce défaut. Le principe est simple : à moins de 100 km/h lorsque vous tournez le volant, les roues arrière braquent à l’opposée pour réduire le rayon de braquage et permettre à l’arrière d’accompagner l’avant. A plus de 100 km/h les roues arrière braquent dans le même sens afin de gagner en stabilité. Ainsi, dorénavant, lorsque vous abordez un virage serré, si vous braquez violemment le volant, vous aurez pendant une fraction de seconde l’impression que la voiture commence à sous-virer. Mais en fait elle opère un très léger appel avant de faire pivoter l’arrière avec une rapidité déconcertante. La Megane semble littéralement s’enrouler autour de votre point de corde sans la moindre perte d’adhérence. Quant à la remise des gaz, le différentiel à glissement limité permet de passer toute la puissance au sol sans la moindre déperdition même le volant encore braqué. Seul le launch control sera capable de faire un peu fumer la gomme...

Enfin, toujours confié à Brembo, le freinage est mordant, endurant et facile à doser.
Plus efficace, plus performante, plus facile, plus confortable, plus pratique, la nouvelle RS perd en radicalité ce qu’elle gagne en polyvalence. Un peu moins de caractère pour beaucoup plus d’agrément. Et pour les purs et durs qui aiment quand ça cogne, il reste toujours la très exclusive version Trophy forte de 300 ch et d’un châssis totalement tourné vers le circuit…

CONCLUSION

Leal & Co. Ltd, Renault Megane RS

La Megane RS de troisième génération réussit l’exploit de gagner en efficacité tout en gagnant aussi en polyvalence. Presque un miracle automobile...

Plus

  • Efficacité / Facilité
  • Plaisir intense
  • Polyvalence au quotidien

Moins

  • Plus civilisée...
  • Poids en hausse


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